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 La Voie des Ancêtres.

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AuteurMessage
Arkan
Daimyo


Nombre de messages : 206
Date d'inscription : 19/07/2007

MessageSujet: La Voie des Ancêtres.   Lun 20 Avr - 19:36

Dehors, la clameur des émeutes ne faiblit pas encore malgré la disparition du soleil derrière les montagnes. Bientôt, le froid saisissant de la nuit aura ramené à la raison les plus excités des insurgés. Leurs cris de rage et de désespoir mêlés étouffent presque totalement l'écho des armées Kumatsune qui campent devant les portes du kyuden.

Demain ce sera l'assaut final et la fin de tout. Demain, les guerriers de Fusanori passeront chaque homme, femme et enfant au fil de l'épée afin d'annihiler à jamais jusqu'au souvenir de l'existence du clan Torayama. Demain, ce sera la fin...

Tant de choses ont changé en si peu de temps. Le conseil des clans à la fin de l'année 408 et la décision du daimyo Kumatsune d'être le shogun régnant sur l'empire jusqu'au retour de Nihon... Il n'y croit pas, aucun d'eux n'y croit et pourtant c'est un espoir que Tsukiro ne peut totalement écarter. L'empire du Soleil Rouge aurait tant besoin de son guide en ces heures si sombres. Au moins n'a-t-il pas commis l'erreur de s'arroger le trône impérial. Ses ennemis en auraient été multipliés.
Quelque part, il le comprend. Ce n'est pas le faste ou les courbettes des courtisans qui l'intéressent. Ce n'est pas de pouvoir se dire l'empereur de toutes les terres émergées. Ce que veut Fusanori, c'est le pouvoir, la puissance nécessaire pour mener l'empire sus à la Terre des Ombres. Mais il ne comprend pas le danger qu'il y a à s'affranchir des règles édictées par Nihon. Il ne cherche pas à comprendre, seul l'immédiat l'intéresse. Il ne se préoccupe pas de demain.

Et dans cette volonté d'anéantir les Torayama, Tsukiro a vu mieux qu'elle ne l'aurait voulu, la main d'Eo qui veut faire un exemple pour écraser définitivement toute résistance à son pouvoir hégémonique.
Elle est le véritable ennemi mais il a compris trop tard qu'il ne servait à rien de l'affronter en face. Qu'on ne pouvait pas sortir vainqueur d'une telle confrontation. Plus maintenant. Elle est trop forte à présent.

En ce début d'année 409, tout aurait pu être différent. Lorsque la décision fut prise par le clan Torayama d'exiger de Fusanori la scission des Kuma et des Kitsune en échange de son accession au poste de shogun, un écho similaire fut entendu venant des Seigikami.

Les Yachu et les Karasu avaient déjà annoncé leur volonté de soutenir les Kumatsune et aucun revirement de leur part n'était à envisager. Mais les Saru avaient refusé de descendre combattre, arguant qu'il fallait mieux accepter Fusanori que se battre contre lui, ce qui ferait une fois encore le jeu de l'Ombre, selon eux.

La bataille ne pouvait être gagnée. Les duellistes Karasu avaient semé la mort parmi les officiers Torayama et les armées coalisées menées par Yachu Kyoujin avaient écrasés ceux qu'on appelait maintenant « les rebelles » au Nouvel Ordre Impérial. Cette formule fleurait déjà bon la dictature. Et puis après la défaite, la défection des Seigikami et le refus, encore une fois, d'accepter Fusanori comme shogun.

Deux mois plus tard, alors que le printemps arrivait, il y eut cette nouvelle bataille et ce nouveau carnage : La destruction de shiro Yuki. Un prix très lourd à payer pour la satisfaction de se montrer Torayama jusqu'au bout.

Une fois les armées Torayama anéanties, cette demande, la troisième, d'accepter Fusanori comme shogun. Troisième refus.
Yachu Kyoujin avait refusé de mener plus avant le combat aussi Fusanori avait-il pris lui-même la tête des troupes pour en finir avec les Torayama. Il n'y aurait plus aucun quartier et il n'avait même pas pris la peine d'envoyer un autre messager. Il voulait réduire le Hall des Ancêtres à un monceaux de ruines fumantes, rien d'autre. Comment diable le daimyo Karasu avait-il pu convaincre Fusanori de le laisser tenter une ultime médiation ?

Les mots du Corbeau avaient sonné juste. Tsukiro a partagé un thé avec lui, et a admiré le courage de cet homme. Les guerriers Torayama n'attendaient qu'un mot, qu'un geste de la part de leur daimyo pour se jeter sur ses yojimbos. Pourtant, il n'y avait pas la moindre trace de peur dans leurs yeux. Ils encadraient leur seigneur, silencieux. Et celui-ci parlait, comme inconscient du danger mortel qui sanctionnerait le moindre écart de langage, le moindre geste ambigu. Et il avait parlé avec des mots qui touchèrent la conscience de Tsukiro.

Est-il vraiment nécessaire de mourir à présent ? Le clan Torayama était resté fidèle à ses idées, à ses valeurs.
Les Fils du Tigre n'avaient pas à rougir d'avoir échoué car sous le regard de leurs ancêtres, ils avaient lutté jusqu'au bout.

Le respect des traditions, voilà ce qui motivait les fiers guerriers du Nord et le Karasu avait su lui faire remarquer avec tact que ne pas reconnaître sa défaite n'était guère honorable et qu'une fois son kyuden assiégé, la tradition militaire de l'empire voulait qu'un clan capitule.

Mais pourtant, comment admettre l'inévitable ? Comment accepter de baisser le front devant cette vile sorcière qui avait désormais tous les pouvoirs ? Décidément, ça n'arrivait pas à passer...

Une fois Shunbin reparti, Tsukiro s'isola dans le hall des ancêtres, observant le Torayama no Katana posé en travers de ses cuisses, Lame nue baignée par les rayons de la lune.
Peut être le suicide apporterait-il la solution à son dilemme. Faire seppuku, laver son honneur entaché ?... Abandonner le clan ? Est-ce la voie de l'honneur ?

...

Un mouvement trouble sa concentration. Une silhouette à la limite de son champ de vision. Durant une fraction de seconde, il pense à un serviteur et la colère le prend car il a exigé d'être seul.
Mais la silhouette est massive, manifestement revêtue d'une armure. Un de ses guerriers venant quérir un conseil en cette heure de doute ou pire encore, cherchant à le réconforter ?

Non, bien trop silencieux... Un ninja ?

Un frisson lui parcourt l'échine. Quelque chose ici n'est pas naturel.
Tsukiro bondit sur ses pieds, sabre en main et avances doucement vers le géant qui se tient près du mur du fond, manifestement absorbé par la lecture du nom des ancêtres du clan.

Et là, il frissonne. Pour la première fois de sa courte vie, il sent poindre en lui la caresse glacée de la peur. Il chasse rapidement ces émotions confuses et se concentre sur son adversaire.

Interloqué, il ne ressent pas sa présence. Pire encore, alors qu'il s'approche, un rayon de lune traverse les nuages et vient baigner sa silhouette à moitié transparente... YUREI !

L'homme massif se retourne. Sur son armure, le mon Torayama est clairement visible. Lorsqu'il darde son regard sombre sur Tsukiro, ce dernier reconnait sans peine le visage grimaçant et éborgné de Jotaro, le plus grand héros du clan depuis l'Invincible lui-même.

Le Daimyo tombe à genoux devant cette apparition. Voir devant lui celui qui a terrassé un dieu est un honneur plus grand qu'il n'aurait jamais pu l'imaginer.

Jotaro le considère en silence un long moment, son visage grave comme un masque figé. Puis il tourne la tête et tend le doigt vers un endroit du mur. Tsukiro suit la direction des yeux, découvrant l'endroit où aucun nom n'est indiqué, l'emplacement laissé vide pour honorer la mémoire de Torayama Miyoko qui fit plus de sacrifice pour l'empire qu'aucun samuraï ayant existé avant ou après elle.
Pour accomplir sa mission, elle devint un assassin. Pour faire son devoir, elle pactisa avec l'ennemi de Nihon puis elle se retourna contre lui, sacrifiant son honneur personnel. Et pour prix de sa fidélité, elle fut décapitée comme la dernière des criminels et son corps enterré dans une fosse commune parmi les etas et les brigands.

Et soudain, Tsukiro comprend.

Il comprend ce que Jotaro voulait lui expliquer. Il comprend que plus grand est le pouvoir, plus haute est la position et plus durs sont les sacrifices exigés du samuraï. Il comprend que ce qu'on attend de lui aujourd'hui, comme le Karasu le lui a expliqué, c'est que le nom des Torayama survive et qu'il prépare son clan pour qu'il soit prêt à répondre lorsque l'empire fera de nouveau appel à lui.

Et le prix de cette survie, c'est son amour-propre.

Il est facile de sacrifier sa vie. On n'a pas à affronter le regard de ceux qui restent derrière soi. Il est infiniment plus difficile de rester en vie et d'accomplir ce qui doit être fait. Même Miyoko n'a eu un devoir aussi difficile à accomplir mais il sent que demain, aux premières lueurs de l'aube, quand il franchira les portes du kyuden pour s'agenouiller devant le nouveau shogun impérial, quand il reconnaîtra la victoire de Kumatsune Fusanori et son droit à régir l'empire, tous ses ancêtres seront là, avec lui. Ils l'aideront à porter ce fardeau, jusqu'au bout. Et ce léger sourire qui effleurera ses lèvres, nul n'en comprendra la signification mais au fond de son coeur il saura qu'il a fait ce qu'il fallait.

Dans l'honneur.
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