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 Le doute

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blayne
Daimyo
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Date d'inscription : 05/01/2009

MessageSujet: Le doute   Mar 6 Jan - 6:46

-"men"
Le bokken s'était arrêté à quelques centimètres du crane de la jeune bushi, sans que le moindre souffle d'air n'en ait été deplacé. Torayama Kenjiro avait annoncé le coup, de sa voix basse et puissante, sans que la moindre émotion ait put y transparaitre. Blème, elle s'inclina devant lui.
Encore une fois, elle était morte.

- "Cette erreur était inacceptable. Fais 1000 frappes avant de sortir. Et reviens ensuite m'expliquer ce que tu aurais dû faire."
- "Hai"
Mais son pere lui avait déjà tourné le dos, et corrigeait la posture d'un jeune. Sans hésiter, elle se dirigea vers le fond de la salle, et commença les frappes, lentes et puissantes, en se concentrant sur la technique. La répétition porte sa propre leçon, disait le dicton. "Connaitre le sabre pour oublier le sabre", disait la calligraphie affichée au mur de l'honorable dojo de la Grue Noire, et tracée de la main de Toroyama Fujitaka-sensei, son vénérable ancêtre et fondateur du dojo.
500 frappes. Ses muscles commençaient à se nouer, son souffle à accélérer. Reprendre le contrôle, maitriser le flot de la frappe, le flot de ses émotions.
700 frappes. Se détendre, faire le vide. Saisir l'image de la frappe dans la mémoire de ses muscles, de ses os. S'engouffrer et refluer, comme une vague à l'arête scintillante, en suivant le mouvement naturel de son corps, sans effort.
1000 frappes. Le temps reprenait ses droits. L'euphorie s'envolait doucement, laissant la place a un étrange sentiment. Elle était seule, dans le dôjô pourtant toujours empli par les autres élèves. Kenjiro-sensei, tout en corrigeant une position, la fixait d'un oeil brillant pendant une seconde, avant de lui tourner le dos et de faire un signe de tête à Satô-sempai. Celui-ci annonca "Salut !", et le cours prit fin.


Aya, pour la première fois, se fit la reflexion qu'elle était situee très a droite, à present, et qu'elle n'aller pas tarder a remplacer Satô, qui l'avait pourtant vu lever son premier bokken, alors qu'elle n'était qu'une fillette endeuillée. Cette idee lui fit un peu peur.

-------

-"Ano, Aya-sempai..."
-"..."
-"Aya-sempai !"
Aya sursauta. Sempai. C'était elle a present a qui on donnait ce titre. Elle posa un regard peu amène sur Ichiro-kun, le jeune garcon qui la dérangeait dans son bain. Un garnement impulsif et brouillon, pour ce qu'elle en avait vu.

-"Quoi ?"
-"Ano, sumimasen, Sensei m'a dit que vous m'aideriez à corriger ma posture..." le regard de sa sempai avait décontenancé le garcon, qui ne semblait plus vraiment aussi sur de lui. Aya en eu un peu honte.
-"Ah... Très bien alors. Laisse-moi, maintenant."

Ichiro-kun parti, elle rougit et enfonça un peu la tete dans le bain. Son père lui faisait confiance, elle l'avait toujours su, mais pour la première fois il lui confiait des responsabilités. Tant de choses avaient changées depuis son gempukku. C'était... étrange comme sensation. Etrange et grisant, un peu effrayant aussi. Elle sortit brusquement de son bain, attirant quelques regards de baigneurs, se sécha et s'habilla pour sortir.

Dehors, les senteurs d'avril embaumaient le jardin interieur de la résidence. Un vent froid la fit frissonner. Silhouette sombre et sévère dans son kimomo bleu nuit, elle sortit du dojo, et se dirigea vers le sanctuaire de Genma tout proche. Des heimins s'écarterent vivement sur son chemin et la saluèrent, sans qu'elle leur prête une attention particulière. Devant l'autel, elle s'inclina trois fois, et égrenna les noms de ses ancêtres, finissant par ses mots qu'elle avait répété tous les jours depuis tant d'années : "...donnez-moi la force d'être digne de vous."

Sur le retour, elle sourit. Elle aiderait Ichiro-kun dans ses postures. Il avait du potentiel. Et il etait amusant, a sa maniere. Quant a son erreur lors du combat avec son pere, elle l'avait comprise. C'etait la pire erreur qu'un bushi puisse commettre. Elle avait doute.
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blayne
Daimyo
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MessageSujet: seule à Shiro Yuki   Mar 21 Avr - 22:11

La samourai-ko contempla les ruines de shiro Yuki s'étendant devant elle, et éprouva un profond sentiment de solitude. Elle était en avance, et devrait donc attendre plus de 9 jours avant de pouvoir partir. 9 jours durant lesquels tout pouviat arriver ou - pire encore - rien.

Engoucée dans un domaru trop lourd, n'ayant pour tout arme qu'un katana dont la première jeunesse s'en était allée depuis longtemps, elle se sentit petite et faible face à l'immensité d'un ciel nuageux et l'absurdité menançante de sa tâche.

Chassant ses doutes, elle choisit une pierre adaptée dans un emplacement lui offrant une vue globale du lieue, et s'assit dessus, tentant tant bien que mal de se reposer en attendant un improbable envahisseur.

----

La frappe iai jaillie, liquide, et traversa l'air sans un bruit. Emportée par l'élan, elle perdit l'équilibre, et trébucha sur une racine. Elle se releva, endolorie, et contempla le lieu dans lequel elle dormait depuis deux jours. Devant elle, les ruines de Shiro Yuki évoquaient une splendeur qu'elle n'avait pas connue. Comme la honte de la rédition avait souillé l'honneur du clan Torayama, la forêt primitive avait recouvert l'orgueilleuse citadelle. Un soleil hivernal perçait à peine les feuilles sombres et menaçantes.

La sueur de la samourai-ko avait refroidie, et elle frissonna. Le feu qu'elle avait allumé le matin s'était éteint depuis longtemps, oublié au cours des longues heures d'entrainement. Au début, elle avait craint de s'ennuyer, avant de faire cette découverte. La frappe iaijutsu l'avait littéraement absorbée, corps et âme, depuis son arrivée. Elle avait conscience que son séjour était un test pour Ashinobu-sensei, mais tout celà n'avait plus guère d'importance, à présent. Entre ses mains, son sabre s'éveillait à une dimension nouvelle, et suivait son propre chemin.

----

Derrière elle, un bruit. Elle se retourna vivement, et vu ce qu'elle n'attendait plus guère : un ennemi, un bandit, d'apparence robuste, qui la regardait d'un air mauvais. Elle frissonna à nouveau, san que le froid y soit pour rien. Elle s'était laissé surprendre, malgré les mises en garde de Ashinobu-sensei. Elle n'eut que le temps de se mettre en garde pour parer la première attaque, avant que ne commence un long cauchemard. Pour chaque coup qu'elle arrivait à porter, elle en recevait deux, plus violents encore. Ivre de fureur, le bandit s'acharnait sur elle. Un coup plus violent que les autre l'envoya rouler au sol. Elle se releva en souriant, comme enivrée par sa propre douleur. Elle se rappella de son rôle. De son devoir. Elle resserra sa prise sur son katana, et frappa, de toutes ses forces, les yeux brillants d'une haine noire. Le coup entailla profondément les chairs du bandit, surprit. Elle ne mourrait pas ici, dans
ce lieu absurde. Elle frappa à nouveau, et toucha à nouveau, alors que la sabre de son adversaire ne rencontrait que le vide. Puis encore une fois, le sang du hinin jaillit, tandis que le kiai strident résonnait dans la forêt.

Derrière elle, un bruit signala un présence. Un samourai âgé mais imposant du clan Karasu l'observait, hésitant. Le vénérable samourai tira deux flèches sur le bandit, l'une d'elle le manquant, la seconde l'effleurant. Cela sembla plus surprendre la samourai-ko que son adversaire, qui sut en profiter pour lui mettre un coup vicieux à l'abdomen, enfonçant profondément son katana dans les entrailles de la jeune fille. Celle-ci, sanglante et au bord de l'évanouissement, poussa un faible cri de rage et de frustration.

-"Karasu-sama, je vous prie de me laisser combattre seule. Si j'accepte votre aide, ma lâcheté déshonorera le nom de mes ancêtres. Tenir ce lieu est ma mission !"

Elle porta une réplique au hinin, qui reprit rapidement ses esprits et dans un assaut désespéré, porta deux attaques qui firent chanceler la jeune fille. Celle-ci, déséquilibrée, tenta en vain de contre-attaquer, mais ne fendit que l'air. Faisant un saut en arrière, elle fit un ultime effort pour se mettre en garde, tenant à peine debout, et sourit doucement. Elle avait déjà prit sa décision, et la rage comme la peur l'avait quittées, à présent.

Elle hocha la tête, comme pour reconnaitre la valeur de son ennemi, et s'avança lentement vers lui, le regard concentré. Le prochain coup serait décisif, ni elle ni le bandit ne pouvait combattre plus longtemps. Un coup entre la vie et la mort. Elle mourrait sans honte ni regret.

Le coup du bandit parti le premier, et s'enfonça dans son épaule. La vision de la bushi s'obscursit, tandis qu'elle tombe à genoux devant son adversaire, vidée de ses forces. Une pensée traversa son esprit, comme un coup de poignard.

"Un coup, juste un coup... Un dernier coup, qui décidera de ma vie ou de ma mort. Un coup avant de rejoindre mes ancêtres, avant de te rejoindre, oni-san..."

Dans un effort dont elle ne se croyait pas capable, elle balança son sabre en aveugle, et la trajectoire lumineuse sectionna la gorge du bandit. Une pluie de sang s'abbatit sur elle, toujours à genoux, incapable de se relever.

Vivante. Elle commençait à réaliser, après quelques instants. Cette douleur inhumaine qui traversait son épaule, ses forces qui s'écoulaient de son abdomen...
Elle sourit, sans quitter sa position, ivre de douleur et de joie. Vivante.

Derrière elle, le samourai Karasu avait dégainé son katana, visiblement prêt à la venger. Lui aussi était resté immobile, stupéfait par la violence du combat. Combien de temps s'était écoulé ?
La samourai-ko n'en savait rien. Péniblement, elle finit par se relever, et se tourna vers le vieux samourai

-"Karasu-sama, pardonnez mon impolitesse.... Je suis... Torayama Aya... de la lignée Yona... fille de... Torayama Kenjiro et di... disciple de Torayama Ashinobu."

Elle s'inclina tant bien que mal

-"Vous aurez bien le temps de prendre le thé avant de repartir, non ?"
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blayne
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MessageSujet: le duel   Mer 22 Avr - 21:40

Le sabre du Bakemono fendit l'air, sans inquiéter Aya; Dans la posture du Cerisier, celle-ci attendait calmement l'erreur que ne manquerait pas de commettre son adversaire. Soudain, comme une évidence, elle sentit plus qu'elle ne vit le coude du monstre se lever un peu trop haut lors de sa frappe. Son katana partit, comme animé d'une vie propre, tandis qu'elle passait dans la posture qui faisait la célébrité de son école, la redoutée technique Torayama. Le sabre ouvrit une profonde entaille dans les flancs du bakemono, qui se replia en catastrophe, ouvrant ainsi la voie à une seconde frappe, puis à une troisième. Dans un effort désespéré, il tenta un dernier coup, qui ne rencontra que le vide. Aya, ayant contourné l'attaque, en profita pour porter un dernier coup au monstre, qui s'effondra dans un râle grotesque.

La samourai-ko éjecta le sang qui couvrait son sabre d'un vif mouvement du poignet, sans que son visage n'exprime de sentiment particulier. Se désintéressant du cadavre, elle jeta un regard sur les marais putrides qui s'étendaient devant elle. Elle pouvait sentir d'ici leur sombre influence, comme une antienne oppressante. Elle examina rapidement ses blessures, qui se révélèrent très légères. Son vieux domaru, par contre, était maculé du sang du monstre, et ses bras ne valaient guère mieux. Elle soupira. Faire une lessive dans les marais ne semblait guère
indiqué. Sans doute était-il temps de revenir à Kyuden Seigikami. Elle se demanda comment Ashinobu-sensei réagirait. Après tout, il avait juste donné l'ordre de rester en vie, jusqu'à son retour. Elle avait obéis, en suivant les leçons du shuno Torayama. "Interpréter les ordres", "prendre l'initiative". Elle sourit légèrement. Il serait fier et furieux, bien sûr, comme à chaque fois qu'il s'agissait d'elle.

----

Le sentier défoncé menant à l'orée des marais était peu empruntée, la présence des créatures de la Terre de l'Ombre attirant peu les Heimins. Un hameau famélique, cependant, vivotait sur cette route ancienne. A l'ombre de seul commerce, Aya dégustait un thé dans le silence religieux des Heimins l'entourant. Finalement, un vieil homme vint la voir, et se mit à genoux.

-"Samourai-sama ! Pardonnez mon incroyable audace, mais nous devons vous informer qu'une émeute sévit à Kyuden Seigikami ! Les samourai s'y font tuer ! N'y allez pas, si vous tenez à votre vie !"

Aya écouta le vieillard, stupéfaite. Etait-il fou ? Une révolte ? Qui pourrait avoir une idée aussi grotesque ? "Les samourais s'y font tuer" ? Par qui, des Heimins ? N'était l'air grave de l'assistance et la peur qui se lisait dans les yeux du vieux Heimin, elle aurait volontier éclaté de rire. Absurde. Impossible. Elle haussa les épaules, et finit son thé. Tiède. Elle devait être
tombé sur un village d'arriérés, incapables même de servir un thé correct. Elle se leva et sortit, sans un mot. Dehors, deux enfants sales jouaient dans la boue. La voyant passer, ils s'inclinèrent profondément. Elle quitta le village, toujours impassible. Une révolte. Impossible. Elle se rendit
compte qu'elle avait accéléré le pas. Ashinobu-sensei devait l'attendre. Oui, surement, il serait furieux si elle arrivait en retard...

----

Les portes du Kyuden était intactes, mais cachait un spectacle macabre. quelques samourais finissaient de massacrer une bonne dizaine de Heimins. Au milieu d'eux, une fusui se tenant droite, terrible comme la fortune de la mort. A ses pieds gisaient nombre de heimins, visiblement tués par des sortilèges étranges. Aya poussa un cri, plus marqué par l'indignation qui par l'inquiétude

-"Cho-nesan !"

Torayama Cho, son ainée et camarade d'entrainement, tourna la tête vers la samourai-ko. Celle-ci, presque négligemment, décapita le dernier heimin debout, Puis revint vers la fusui, et demanda d'une voix brûlante de colère

-"Où sont Ashinobu-sensei et Akodo-san ? Reste-t'il des ennemis à combattre ?"

----

Dans le dôjô du palais Seigikami, Aya essayait d'étouffer sa colère en s'entrainant. Mais ses mouvements de iaijutsu restaient troublés, son équilibre mauvais, ses mouvements trop précipités. Toute la journée, elle avait entendu les Seigikami s'auto-congratuler pour leur "attitude héroïque". Son sabre déchira l'air. Insupportable. La honte, la honte noire de l'échec, il semblait que personne ne soit prêt ni à l'assumer, ni même à la reconnaitre. Qui croyaient-ils avoir combattu ? A les entendre, ce n'était pas une poignée de heimins affamés et stupides, mais les hordes de la terre des ombres au grand complet ! Derrière elle, un samourai imposant plaisantait d'un ton léger avec son élève. Elle leur tourna le dos, ostensiblement.

Qui pourrait croire que, quelques heures auparavant, leur précieux palais était envahi par la plèbe ? A Kyuden Torayama, le sang des responsables coulerait déjà sur le sol. Pas d'officiers. C'est ce que lui avait confirmé les ashigarus qu'elle avait croisé. Un tel exemple ferait du tord à tous les autres clans, à présent. Qui sait quelles idées pourraient passer par la tête des heimins, à l'avenir. Ses phalanges blanchirent en serrant la garde de son katana. Une catastrophe, une honte sans nom, et pourtant, ces samourai n'exprimaient pas l'ombre d'un scrupule. Son regard tomba sur le cadavre continuant de pourrir au con du dôjô. Etait-ce celà, le clan Seigikami ? Quel déshonneur.

Une voix puissante attira son attention. Akodo-san était en train de demander raison à un samourai, mais celui-ci faisait mine de ne pas l'entendre. Aya écouta, sans que son visage prenne une quelconque expression. Une ancienne querelle à vider apparement. A présent, le samourai tournait carrément le dos à Akodo-san, et parlait avec son camarade d'entrainement. La voix d'Akodo-san, initialement respectueuse, devenait franchement menaçante. Un frisson parcouru Aya. Il ne s'était pas mis en colère contre elle, quand elle l'avait affronté dans le dôjô. Si son attitude condescendante l'avait emplie de fureur à l'époque, la haine qui brûlait à présent dans sa voix éveillait en elle une jalousie ambigüe. Ce samourai, Kumatsune Sushiro-san, avait suffisement d'importance pour déchaîner chez le bushi une telle colère, quand elle ne provoquait que rires et moqueries.

Un regard sourd de haine attira son regard. Tandis que Akodo-san menaçait Sushiro-san, un grand samourai Higuma à l'aspect brutal observait le bushi. Finalement, Souchiro se retourna, et fut
engagé par Akodo-san. L'attaque fut si rapide qu'il n'eut pas le temps de saisir un katana à la place du bokken qu'il portait. Le grand Higuma, nommé Kenichi, fit un pas en avant, visiblement furieux, et s'apprêtait à intervenir. Aya s'interposa. Les mots fusèrent, insultants d'abord pour
Akodo-san, puis pour tous les samourais présents. Aya répondit, et lança son défi.

La bataille fut longue, et continua bien après que Souchiro-san soit tombé au sol. La supériorité physique écrasante de Kenichi faisait reculer Aya, qui n'arrivait pas à s'approcher de son adversaire. Elle-même encaissait blessure sur blessure, et commençait à sentir ses forces sombrer. La rage déformait les traits du bushi, visiblement pris de la folie qui touchait sa lignée. Aya sentit soudain, tapie au fond de son ventre, la peur s'épanouir comme une fleur malsaine. Elle mit toute son éducation de bushi à la cacher, et y arriva assez bien.

Un cri retentit soudain. Ashinobu-sensei. Il ordonnait au combat de cesser. Aya ocha la tête, et baissa son katana. Le sabre de Kenichi vola, et entailla l'épaule de la samourai. Sans paraitre surprise, elle se remit en garde, adoptant une position défensive. Ce combat serait donc à mort.

Aya Décida de prendre une posture défensive pour étudier son adversaire. Cette fois, elle ne laisserait rien au hasard. La peur s'était envolée, près une longue attente durant laquelle elle se contentait d'esquiver les attaques de Kenichi, Aya adopta une garde médiane et repartit à l'offensive. La première attaque se contenta de fendre l'air, mais suivirent deux attaques de plus en plus brutales, qui touchèrent toutes le bushi.

Derrière elle, elle pouvait sentir les regards attentifs des samourais. L'espace d'un instant elle croisa le regard de Akodo, et cru y lire de l'approbation. Immédiatement après, celui-ci commença à discerter doctement avec un samourai. Surtout, ne pas l'écouter. Revenir au combat.

Une extrême concentration peut se voir sur le visage de Aya, tandis qu'un goutte de sueur coulait sur son visage. Changeant de posture pour une garde haute, résolument aggressive, elle signifia ainsi à son adversaire et aux témoins sa résolution sans faille. L'espace d'une respiration, deux attaques volèrent à nouveau, tranchant vif dans la chair de Kenichi, et faisant jaillir un flot de sang sur le parquet usé du dôjô.

Tenant à peine debout, le samourai tenta une dernière attaque qui échoua largement. Aya porta une nouvelle frappe, mais sans la force nécessaire pour en finir. Soudain, Akodo, incroyable de suffisance, lanca d'une voix agacée

-"Aya-san, finissons en !"

Entendant Akodo, Aya hoche la tête et enfonca son sabre dans la gorge de Kenichi, puis fait un pas rapide de côté. Tandis que le samourai s'effondrait au sol, elle saisit un morceau de soie rouge et essuya calmement la lame de son katana, sans jeter un regard vers les autres samourais présents.

Elle avait gagné son duel, mais le perdant ne gisait pas au sol.
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blayne
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MessageSujet: Trop tard   Jeu 23 Avr - 18:44

Les jeunes samourais étaient nerveux. Cette journée nuageuse rendait les collines boisées entourant Kyuden Torayama plus sombres qu'à l'accoutumée. Serrant leur bokken entre leurs doigts crispés, ceux qui étaient encore des enfants pour quelques heures écoutaient dans un silence de mort les consignes de Torayama Kenjirô-sensei. L'épreuve consiste à parcourir une grande distance le plus rapidement possible puis à se combattre entre eux au bokken. Les chemins sont séparés, ce n'est que pour le combat final qu'ils se retrouvent. Aya regarda autour d'elle. 9 samourais, 4 combats. Le dernier arrivé était éliminé d'office. Elle eut peur. Elle se savait assez adroite pour vaincre presque tous ses adversaires - qui étaient également ses camarades d'entrainement - mais elle était loin d'avoir leur endurance.

A ses côtés, Garô lui sourit chaleureusement. Garô-kun était le plus grand du dôjô, et son camarade d'entrainement favori. Peu discert mais bienveillant, il était plein de bonne volonté malgré sa timidité maladive. Moins rapide que Aya, sa stature et sa vigueur hors du commun en faisait un adversaire redoutable pour un samourai de 14 ans.

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Sur la route impériale du nord, Aya courait, le visage rougi par l'effort. Elle se demanda pourquoi elle pensait maintenant à son gempukku. La mission. Elle ne devait penser qu'à la mission que lui avait confié Akiko-sama. Vérifier que Tsukiro avait été bien prévenu de la barrière bloquant Kyuden Torayama, et éventuellement aider à rallier des troupes. Le sang battait à ses tempes. Le déshonneur. Noir, hideux, collant, il s'infiltrait partout, ternissait les clans les plus prestigieux de l'Empire. Elle trébucha, et roula dans la poussière. Se releva, au bord des larmes. Etait-ce là le puissant clan Torayama, une jeune fille crottée en train de s'apitoyer sur son sort ? Elle se haïssait, et haïssait sa faiblesse. Elle se releva, et reparti en boitant. Ashinobu-sensei.

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Aya avançait depuis plusieurs heures, à présent, alternant entre la course et la marche. cent fois, elle avait voulu abandonner, et autant de fois elle s'était repris. Trempée de sueur, ses frêles jambes la supportant à peine, elle reportait jusqu'à la prochaine colline, jusqu'au prochain virage le moment où elle penserait à abandonner. Et voilà que devant elle apparaissait enfin le temple qui était son objectif. Réprimant des larmes de joie, elle accéléra dans un utlime effort.

Aya était arrivée huitième, épuisée, et avait immédiatement été engagée par le dernier concurent arrivé. Elle n'eut pas le temps de se réjouire de n'être pas éliminée, et fut tout de suite absorbée par la fureur du combat. Ce n'est que quand l'arbitre leva la main qu'elle comprit réellement. Elle avait gagné. Elle était un samourai.

Elle laissa échapper un sourire, et chercha Garô du regard, pour partager la joie de sa victoire. Surprise de ne pas le voir, elle compta les concurents présents. Huit. l'incroyable s'était produit. Garô-kun était en retard. Impossible. Il était infatigable, fort comme un roc. C'était toujours lui qui allait chercher l'eau au dôjô, et il parcourait alors la même distance qu'ici, mais les bras chargé de seaux de 20 kilos.

Imposssible. Kanjirô parlait à un ashigaru. Des bandits avaient été vu, sur le trajet que devait emprunter Garô. Aya s'écria qu'on devait partir à sa recherche, peut-être était-il simplement blessé. Son père secoua la tête. Son devoir était de nettoyer les terres du clan Torayama. La vie du samourai, c'est la mort, ajouta-t'il d'une voix grave. la poitrine d'enfant de Aya fut comme percée d'un coup de poignard. Le monde devint flou.

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Aya secoua la tête. Arrivée à Shiro Yuki, elle s'était écroulée, et avait été obligée de dormir quelques heures, ses jambes ne répondant plus à sa volonté. Ce rêve idiot, inutile. Douloureux. Elle étendit les bras et regarda le ciel, couvert d'une chape de plomb. Tout avait pourtant bien commencé, c'est certaine de sa victoire qu'elle s'était appochée du kyuden, avec Rensei-sama, Akiko-sama et Akodo-san. Elle devait même avoué qu'elle se voyait déjà libérer le kyuden et se couvrir de gloire, avec eux. Lutter dos à dos, et balayer l'ennemi malgré sa supériorité numérique. Et libérer Ashinobu-sensei.

Des larmes de frustration perlèrent. Ashinobu-sensei. Seul, il était resté à l'intérieur, et chaque pas qu'elle faisait l'éloignait de lui. Chaque minute qui passait voyait sans doute son sang couvrir un peu plus le sol du Hall des Ancêtres. Peut-être appelait-il ses compagnons, agonisant, seul au milieu des ennemis tombé... Elle reparti, chancelante, se dirigeant droit vers le sud. Ses yeux, d'une fixité démente, semblaient ne pas réellement voir la route, comem si c'est une aveugle qui s'était avancée à travers les collines.

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Quand sa sandale céda à l'usure, Aya s'en rendit à peine compte, et continua en courant sans prêter attention au sang qui perlait depuis les sangles s'enfonçant dans la chair de sa cheville. Sur son visage couvert de la poussière de la route, ses larmes traçaient des sillons boueux. Des heimins la voyant passer crurent voire un fantôme, et non une fillette à peine pubère.

Garô avait toujours été brave, malgré sa timidité. S'il n'aimait pas se faire remarquer, il était toujours prêt à défendre ses camarades. Un souvenir soudain revenait à Aya. Ichirô-kun, un jeune pratiquant du dôjô, s'était fait encercler par des garnements de son âge, qui commençaient à le rosser proprement. Garô avait surpris la scène, et s'était interposé. Comme il se refusait à frapper plus faible que lui, il s'était contenté de faire rempart de son corps. Rapidement, les enfants comprirent la situation, et se déchainèrent litéralement contre lui. Mais ni pierres, ni batons ni bokkens ne faisaient reculer le jeune colosse d'une centimètre. Finalement, ses aggresseurs s'étaient lassés, et Garô ramena Ichirô-kun au dôjô. Après quoi il s'écroula, et passa trois jours entre la vie et la mort.

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Les sangles de son vieux domaru continuait à mordre cruellement dans ses épaules et seins reins, tandis que Aya faisait des efforts surhumains pour ne pas s'écrouler. Dans sa bouche, sa langue desséchée avait enflé et elle sentait clairement le goût du sang et de la poussière envahir son palais. Les collines suivant Shiro Yuki étaient un peu plus aisée d'accès que l'ancienne forteresse, mais la pente mettait durement à contribution ses jambes épuisée. La faim et la soif lui donnaient le vertige, tandis qu'elle se dirigeait vers Shiro Banken. Ashinobu-sensei. Il detesterait son inquiètude, il se mettrait probablement en colère. Cette pensée faillit la faire sangloter, et elle chûta durement. Elle devait être forte pour lui, pour son honneur. Elle se releva et repartit vers le sud.

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Garô-kun avait été son ami dès le premier instant. Lui n'était pas intéressé. Que son père soit le sensei du sôjô n'avait pour lui aucune importance. Fils de ashigaru promu pour service rendu, il savait que son destin n'était pas de juger les puissants entre eux. Daimyo de clan ou simple chef de village, il était né pour servir, parce que telle était sa nature. Lui seul pouvait parler à la jeune fille anxieuse comme au frêre d'arme en qu'elle aspirait à être. Lui seul n'éprouvait ni méfiance ni jalousie. Et elle seule comprenait que l'intimidant colosse, était loin d'être une brute. Peut-être même s'étaient-ils un peu aimé.

----

Aya arriva enfin dans les plaines, plus morte que vivante. Le spectacle qui s'étalait devant ses yeux faillit bien l'achever. Au lieu du vaste campement qu'elle avait laissé en partant deux jours avant, elle ne trouvait que quelques samourai, occupé à ranger les derniers pavillons. Elle apprit de leur bouche que les armées Torayama étaient en marche, et qu'elles avaient suivi une autre route que la sienne. Dorénavant, la vie de Ashinobu-sensei ne dépendait plus d'elle. Pire encore, il n'avait en fait jamais dépendu d'elle, puisqu'ils avaient bien reçu le message. Elle en éprouva une sensation de trahison étrange, qu'elle se reprocha immédiatement.

Elle jeta vers le nord un regard désespéré. Il fallait faire demi-tour. Soudain une voix feminine et énergique résonna derrière elle. Rei-san, la fiancée de Ashinobu-sensei. Elle semblait moins inquiète que Aya, qui en conçut une vive rancoeur. Elle accepta néanmoins d'accompagner la jeune femme jusqu'à Kyuden Torayama. La jalousie lui donna un second souffle, et elle trouva la force de distancer la yojimbô. Une fois l'émotion retombée, elle conçut de la honte de sa réaction, et arriva à kyuden Torayama en se promettant de se racheter auprès de celle à laquelle sa loyauté pour Ashinobu-sensei imposait le respect le plus absolu.

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Elle avait finalement trouvé Garô, mort. Celui-ci avait fini par succomber à ses multiples blessures, et Aya fut longtemps hantée par la pensée des heures qu'il avait dû passer, agonisant, à espérer une aide qui n'était jamais venue. Ou qui était venue trop tard.

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Ashinobu-sensei, lui avait survécu, et nul ne contestesterait plus son statut d'authentique héros. Quand Aya avait demandé pardon pour ce qu'elle considérait comme son échec, il n'avait cependant pas vraiment compris, et rêglé la question d'un haussement d'épaule et de deux mots expéditifs. "Pas d'échec".

Le soir venu, Aya contempla le Kyuden, nettoyé de ses derniers révoltés. Les traces de l'émeute déjà disparaissaient, tandis qu'un vent rude soufflait des montagnes. Au loin, on devinait la silouhette sombre du dôjô des 5 pics qui dominait la vallée. Aya détourna le regard, embrassant du regard les rizières en étages où les heimins s'affairaient à leur tâche millénaire.

Aya posa la main sur son sabre. Le contact de sa garde polie par les années d'entrainement ranimère l'espace d'un instant la voix de ceux qui étaient tombés avant elle. Ces voix graves et douces, qu'elle rejoindrait bientôt, enfin. Demain, elle partirait chercher ses réponses chez les maîtres du dôjô des 5 pics. Faire de son mieux n'était pas suffisant, ne le serait jamais. Seule était acceptable la victoire.

Elle ferma les yeux, dans un ultime moment de faiblesse. Seule, à nouveau.
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blayne
Daimyo
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MessageSujet: Re: Le doute   Mer 3 Juin - 23:13

Il la regardait, et son regard la jugeait, durement. Dans une seconde, le destin serait tranché, et la tension était palpable entre les deux bushis.

-"La voie du samourai, c'est la mort."

La voix de la jeune fille s'était élevée, triste et froide. Passant devant Akodo sans chercher à éviter son regard blessé, elle se rangea du côté des samourais restant combattre. A présent qu'elle avait abandonné son vieux domaru trop usé pour être utile, elle ressemblait à nouveau à la jeune fille trop maigre qui traversait le cimetière par une après-midi brumeuse, trois ans auparavant.

Lui irait à ce tournoi, prouver au monde sa valeur. Tel était son destin. La jeune samourai-ko, si elle s'était en apparence enthousiasmée pour cet événement, avait toujours su que sa route serait différente. Le fougueux bushi avait du mal à l'admettre, mais n'osa pas la contredire.

-" Je n'ai pas à décider pour toi, Aya-san. "

La silhouette sombre secoua doucement la tête en s'avançant vers lui, le visage habité par un sourire sans joie. Quand elle fut proche de lui, elle saisit se mains et glissa d'une voix presque tendre

-"Tout a été décidé il y a bien longtemps, Akodo-san. Portez mes respects à Ashinobu-sensei." elle glissa une bourse entre ses mains "Et prenez ceci. Je n'en aurai plus besoin, et il serait dommage qu'elle se perde."

Elle jeta un coup d'œil au reste de la troupe. Nombre d'entre eux étaient encore gravement blessés suite aux combats acharnés dans les ruines de Kyuden Seigikami. Malgré le fait qu'elle soit arrivée tard à la bataille, elle-même était en piteux état, sans parler de son sabre, ébréché et mal affuté. Tsukiro-sama parlait de combattre - il y avait fort à parier que les ennemis avaient déjà réinvestis les ruines du Kyuden – mais il ne semblait pas clair de la façon dont l'attaque allait se coordonner. La samourai-ko soupira. L'attente allait être longue, sans aucun doute.

Soudain, une cavalière surgit d'entre les bois. Il s'agissait de Seigikami Hadera, réclamant de l'aide pour son daimyo, attaqué par un bakemono sur le lieu même qu'ils avaient quittés. La jeune fille se tourna vers son daimyo et lança d'une voix ferme :

-"Tsukiro-sama, ai-je l'autorisation de prêter main-forte à Hoshi-sama ?"

Sans un regard, celui-ci lui fait signe d'y aller. Elle hocha la tête, et s'engouffra dans le sentier menant aux ruines d'un pas rapide, une flamme étrange dans les yeux. Bien vite, elle avait disparue dans l'ombre oppressante des bois, suivie de prêt par la cavalière. Une idée fugace traversa son esprit. Peut-être avait-il été offensé par son cadeau. Elle en fut contrariée, mais la nuit et le froid engloutirent ces doutes. Les ruines, toutes proches, luisaient d'une lumière malsaine. Elle accéléra, et tomba sur un spectacle bien pire que ce à quoi elle s'était préparé.

------

Pas moins de 8 bakemonos entouraient Hoshi, et au moins une vingtaine d'autres étaient en train de s'approcher. Pire encore, un samourai approchait, vêtu d'une lourde armure d'obsidienne et armé du même métal. Un Yugi, armé par le traitre Kanjiro. Derrière lui, une troupe nombreuse de soudards infernaux attendait des ordres, piaffants d'impatience. Tout était perdu. Malgré sa détermination, Aya sentit le vent froid de la peur souffler dans sa nuque.

Se reprenant immédiatement, elle tenta de rallier le daimyo Seigikami, mais un Bakemono s'interposa. Commença un combat furieux, dont la bushi avait le dessus. Derrière elle, Hadera, se tenant à l'écart du combat, racontait quelque chose à propos de survivre. Prise d'une soudaine colère, elle se retourna :

-"Vivre ! Hadera-san ! Ne vous bercez pas d'illusions aussi ridicules ! Ces ruines seront notre tombeau ! Faisons-nous un beau linceul, du corps de nos ennemis !"

Comme pour lui répondre, un nouveau samourai venait d'arriver. Seigikami Nikorasu tentait également de sauver son daimyo Lui aussi fut bloqué par un bakemeno, rapidement rejoint par une nuée d'autres. Quant à Hoshi, sa défense héroïque lui permettait de faire face a plus d'une douzaine de bakemeono, menés par le samourai Yugi. Un autre samourai Seigikami arriva sur le champ de bataille, mais fut immédiatement engagé et s'écroula en quelques minutes. Le chaos et le sang régnaient en maitre.

La jeune fille échangeait de furieux coups avec le bakemono, sans chercher à se protéger. Une exaltation morbide se lisait dans ses yeux, tandis qu'elle frappait une nouvelle fois son adversaire. Un autre bakemono, plus puissant, vint le rejoindre, si bien qu'elle se trouvait à présent face à deux adversaires. Un cri retentit. Torayama Banuken venait d'arriver. Malgré les deux ennemis qui la pressaient, elle prit le temps de s'adresser à lui :

-"Banuken-san, vous avez déjà fait vos preuves. Débarrassez-vous de votre ennemi, et partez au plus vite - vous ne pourrez rien changer à notre sort !"

Un nouveau samourai arriva encore, Seigikami Basho, cette fois accompagné d'une petite troupe de cavaliers. Elle ne put qu'assister à ce spectacle, l'air désespérée. Combien de samourais devraient mourir en ce jour ?

L'arrivée d'un nouveau bakemono, puis d'un deuxième, détourna son attention. Elle était à présent seule contre quatre adversaires, et aux portes de la mort. Elle se mit dans une posture défensive, et observa la situation. Hoshi était entouré par plus de vingts adversaires, et Nikorasu venait de tomber, face à une bonne demie-douzaine d'ennemis au moins. Banuken et la jeune fille avaient moins d'ennemis, mais tous deux semblaient aussi désespérés. Quant à Hadera, elle était toujours éloignée du champs de bataille, et observait ses frères d'armes mourir sans agir. Aya fut prit d'une fureur noire :

-"Hadera-san ! Vous êtes libre de vos mouvements : choisissez entre aller chercher du secours ou porter assistance à votre Daimyo !"

Hoshi, dans le même temps, ordonna à Hadera de quitter le champs de bataille, puis ce fut Banuken qui insista dans la même direction.

Un nouveau coup d'un des bakemono lui faisant face rapprocha encore Aya des portes de Meido. Comprenant qu'elle n'aurait pas le temps de changer de posture, celle-ci décida de contre-attaquer dans un ultime défi, en poussant un cri puissant, mais manqua malheureusement sa cible. Tout étant bel et bien fini, elle entrepris de clamer une lente mélopée.

-"Amateresu no kami, éclaire de tes rayons l'instant de ma mort - que l'Ombre craigne à tout jamais d'approcher ma dépouille;"

-"Bishamon no kami, Pourfendeur de démons et seigneur-protecteur du Nord, souviens-toi de mon sacrifice et guide mes pas jusqu'au Royaume Immortel;"

-"Genma no kami, Seigneur des Enfers et Juge des Defunts, récompense ta fidèle servante et éclaire-la sur la route obscure de Meido;"

-"Hachiman no Kami, Brave entre les Brave, Seigneur-Protecteur du Sud, reconnait ma valeur et ouvre-moi les portes de Tengoku;"

-"Anan no kami, Sage entre les Sages, Rappelle aux mortels mon sacrifice, empèche mon nom de tomber dans l'oubli;"

-"Torayama-sama, Yona-sama, Fujitaka-sama, Kenjiro-sama, Ichiro-sama et vous tous, mes glorieux ancêtres, accueillez votre fille - elle n'a pas trop déméritée."


------

Soudain, la nuit.

Quel adversaire l'avait-elle frappé ? Elle l'ignorait. Toutes ces questions semblaient lointaines, à présent. Ses yeux n'eurent pas à s'ouvrir, mais sa vision se rétablie en partie. Un ciel bleu éclairait son visage, mais elle ne sentait aucune chaleur atteindre sa peau. Elle essaya d'articuler quelque chose, mais un flot de sang noirâtre jaillit de sa bouche. Elle essaya de se relever, mais son corps ne bougeait pas. Seuls ses yeux pouvaient encore se déplacer. Elle ne pouvaient qu'entrevoir les combats qui continuaient. Sur une ruine proche, elle nota un énorme corbeau, la regardant d'un œil narquois.

La jeune fille essaya de se rappeler de son visage. Ichiro, son frère ainé. Celui qu'elle avait juré de rejoindre. Sa tombe, elle la connaissait si bien, chaque détail apparaissait dans son esprit. Mais son visage, ses yeux, son rire, sa voix avaient disparus. Où étaient-ils ces glorieux ancêtres, où étaient les portes d'or du Royaume Immortel ? Et pourquoi, auréolée de sa gloire, était-elle au final aussi misérable qu'une poupée désarticulée ?

Autour d'elle, les sons du combat s'atténuaient rapidement, comme étouffés par une épaisse couverture. Sa vision se rétrécie encore et devint subitement floue. Seul restait au centre de son regard le corbeau déplumé. Akodo. Pourquoi maintenant. Pourquoi l'avait-il laissé partir. Pourquoi se souvenir de lui maintenant. Ses yeux la brûlèrent intensément, alors que même l'oiseau noir disparaissait dans un brouillard lumineux.

Elle se demanda si elle pleurait.
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blayne
Daimyo
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MessageSujet: Re: Le doute   Mer 3 Juin - 23:16

Quand soudain, surgissant du brouillard, jaillit le corbeau noir.

Qui es-tu ?

J'ai de nombreux noms, mais appelle-moi Karasu-sensei.

Sensei ?

Oui, je suis très vieux et très sage ! Et je peux te manger les yeux... non que tu en aies encore besoin, d'ailleurs.

Je suis morte ?

Bien sûr.

Et mes ancêtres ?

Eux aussi.

Ce n'est pas ce que je veux dire – où sont-ils ?

Là où tu les as emmenés – dans la fange sanglante d'un champ de bataille, en train de voir leur lignée s'éteindre.

Et les autres ?

Les autres ? Les vivants tu veux dire ? C'est bien le moment de t'en préoccuper ! Les autres suivent leur route, malgré toi. Ils t'aiment et te maudissent, et déjà t'oublient !

Tu es cruel.

Oui. Vieux, sage et cruel, je suis Karasu-sensei, petite fille. Mais ni assez vieux, ni assez sage, ni assez cruel pour t'oublier ici.

Non. Il reviendra me chercher, j'en suis sûr. Il foulera ce sol à nouveau, et je serai là. Il me sentira.

Ne fais pas semblant d'être courageuse. Tu as toujours tremblé, toute ta vie. Ton frère, déjà, était une excuse... tu as juste peur de mourir, comme tu avais peur de vivre. Je te mépriserais, si je connaissais un tel sentiment. Mais je ne suis qu'un corbeau. Dors, maintenant. Je n'ai pas besoin de ton accord.
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