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 La renarde, l'ombrelle et le chrysanthème.

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Tanaki
Daimyo
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MessageSujet: La renarde, l'ombrelle et le chrysanthème.   Ven 26 Juin - 0:08

[Encore. Encore ces haïssables taches sombres sur le mouchoir de coton blanc. La petite fille est parvenue à taire le son de sa toux mais non l'écoulement du sang qui s'échappe de ses lèvres à chaque fois que son corps malingre est secoué et se crispe de façon convulsive. La respiration sifflante, elle maudit en silence, pour la énième fois, une nature qui l'a faite si fragile et vulnérable à la maladie, espérant sans trop y croire que cette fois, enfin, on la laissera aller se dégourdir les jambes dans le jardin.
Ses parents autant que ses précepteurs lui demandent toujours ce qu'elle peut bien trouver de si intéressant dans ce bout de terre desséchée, en friche depuis les assauts des bakémono sur le kyuden Kitsune, pourtant bien des années auparavant.

Qu'y a il de bien intéressant dans les arbres dégarnis et racornis, dans l'herbe sèche et éparse? Cet étrange sentiment de ressemblance entre les végétaux torturés et sa propre personne, peut être, l'illusion d'une liberté qui lui parait en même temps impossible, l'espoir de voir le printemps arriver.
C'est cette atmosphère fébrile et inquiète, sur-protectrice qui l'étouffe et la fait s'étioler un peu plus chaque jour.
Ah, que voudrait elle être semblable à Nihon-Heika, l'empereur phénix, et se laisser mourir pour avoir la chance de se trouver un nouveau corps. Pour être une enfant comme les autres, qui cours au soleil et rit dans le vent.

Posant une petite main pâle comme les draps de sa couche sur les volets de bois, elle soupire, une fois de plus, fixant de ses prunelles sombres de minces lignes de sol aride et de ciel bleu à travers les barreaux de sa cage comme autant d'aperçus du paradis.
Avec une lenteur paresseuse, les particules de poussière, poussées par une imperceptible brise, brillent comme de l'or dans la lueur du jour déclinant. Les yeux grands ouverts, l'enfant contemple ce spectacle éternellement renouvelé avec une admiration intarissable, tellement absorbée par cette observation minutieuse autant qu'inutile qu'une nouvelle crise la secoue.

Surprise, elle ne peut retenir le bruit, traitre, qui sort de sa chair malade... bientôt, les adultes afflueront, encore, et lui recommanderont d'autant plus de repos.
Toujours plus de jours alitée, sans voir la lumière du jour autrement qu'en écartant subrepticement le voile pourtant fragile d'un rideau de bambou la séparant d'un extérieur aussi inaccessible qu'il en est devenu alléchant.

Combattant l'épuisement causé par une longue journée d'étude et de difficultés respiratoires, la gamine a tout son temps pour faire le point sur sa situation, ainsi qu'elle procède chaque soir, pour autant qu'elle se souvienne, tant en guise d'entrainement que pour toujours garder à l'esprit qui elle est.]
« Ce que je suis, hein? »
[Son attention s'égare sur les murs décrépis et le sol de terre battue, le plancher vermoulu de sa chambre, que ses parents n'ont pas eu les moyens de rénover, encore. Toutes leurs économies sont englouties dans la couteuse éducation de la future courtisane, et la famille de samouraïs, fière, ne s'abaisserait jamais à demander le moindre ryo au Daimyo. Jamais.

Pourtant, ils ont tant perdu, et contrairement à ce qu'ils auraient pu espérer, la fusion entre les clans Kuma et Kitsune n'a en rien arrangé leur situation. Mais ils sont confiants... les choses ne pourront que s'arranger, n'est ce pas? Nul ne lui enseigne ni la haine, ni la rancœur. Seulement l'amour d'un clan et le sens du devoir, prépondérant dans chacune de leurs actions.
Bien que modestes, ils ont de grandes ambitions pour leur fille unique. En cela, le pire est à venir, mais la petite rattrapée par le sommeil, créature débile perdue dans un futon d'adulte reprisé, n'en a pas la moindre idée.
A son âge, elle sait surtout qu'elle s'ennuie, encore et toujours, sans jamais oser le dire.
Si seulement elle pouvait guérir, au moins...]
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Tanaki
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MessageSujet: Re: La renarde, l'ombrelle et le chrysanthème.   Lun 29 Juin - 1:12

[Quelques années plus tard, c'est une adolescente qui tente de s'évader, en esprit, d'une leçon particulièrement ennuyeuse sur la façon de calligraphier une lettre de créance. La jeune femme n'ose pas bailler, ce qui serait manquer chroniquement de respect envers le vieux barbon chevrotant qui est son percepteur pour la journée... mais bon sang, l'envie ne manque pas.
Docile, elle reproduit les signes, l'un après l'autre, de geste fluides et rapides. Le bout de son pinceau de crin enduit d'encre glisse sans difficulté sur le papier de riz traité, mais trop distraite la voilà qui dérape. Eh bien, il faudra tout recommencer, bien entendu, à cause de cette étourderie. A-t-on déjà vu élève plus indisciplinée?

Se souvenant de ses plus jeunes années non sans une certaine amertume et un certain regret, la petite Kumatsune se dit que malgré tout, si son état de santé s'est amélioré, les choses n'ont pas le moins du monde changé. Sa maitrise du sabre est minimaliste et on ne lui accorde jamais le droit de prolonger l'entrainement avec les enfants de son âge, de crainte qu'elle ne se blesse et réduise à néant les espoirs de toute sa famille. Elle ne peut presque pas sortir, et jamais sans son ombrelle: il faut bien préserver ce teint délicat et immaculé des rayons du soleil. La plus grande fierté de sa mère, ce qui démarque le plus sa précieuse petite fille des heimins, cette peau de nacre sans accroc, qui lui apparait pourtant pour l'heure comme une malédiction.

Quand bien même pourrait-elle sortir, de toute façon, qu'elle n'en aurait pas le temps. Les leçons s'enchainent, la préparant aux arts et à la politique, aux traditions et à la bonne tenue d'une maison.
Sans cesse, elle les entend répéter pour elle une vie rêvée et tracée d'avance.
Tant pis, n'est-ce pas l'idéal après tout? Au vu de sa condition physique, n'est-ce pas ainsi qu'elle servira au mieux son clan?
Alors la jeune fille patiente et apprend, endure cette solitude et cet enfermement écrasant, sachant que passé son genpukku, elle sera enfin en mesure de voyager et de rencontrer de nouveaux visages, remplaçant le résignement par la détermination et le découragement par la fierté.

Dans une serre, la voilà qui plante avec soin la tige d'un chrysanthème dans une armature de métal et d'osier, sélectionnant attentivement la couleur et l'inclinaison de chaque fleur, prenant garde à ce qu'elle ne soit pas fanée. La poupée artificielle se pare peu à peu d'un kimono traditionnel, de couleur vive indiquant sa jeunesse, offrant ainsi le contraste désiré entre la vie qui s'annonce et la chute des feuilles automnales du jardin dans lequel elle sera exposée. Car les gens ont parfois bien besoin de cet espoir, autant que l'artiste qui tisse les motifs de pétales et de flagrances en attendant que vienne son heure, sous le regard sévère de son maïtre.

Rien ne vaut l'apprentissage par la vie elle même, lui avait un jour dit son sensei de Kenjutsu, avant d'être renvoyé pour avoir planté de fâcheuses idées dans l'esprit d'une si influençable poupée.
Mais son entourage avait au moins réussi une chose: rien, aucune leçon n'était jamais assimilée telle quelle. Toujours disséquée, ressassée, analysée. Ainsi, peut-être à tort, l'enfant a l'audace de penser que ce qu'elle croit n'a rien à voir avec les idées d'un autre mais qu'elle se les ait appropriées à son compte. Peut être est-elle trop présomptueuse. Peut être qu'elle se trompe? L'avenir seul lui dira, pour peu qu'elle en ait un.]
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Tanaki
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MessageSujet: Re: La renarde, l'ombrelle et le chrysanthème.   Sam 4 Juil - 14:21

[A 15 ans, Asami vient de passer son gempukku, avec d'autres enfants Kitsune du même âge venant officiellement d'atteindre le statut d'adulte.
L'attente de sa courte vie enfin achevée, tous ses efforts de ces dernières années récompensés, les heures d'études et d'entrainement...: tout se concrétise enfin. Bientôt, elle pourra se rendre à la cour et faire son office de teishin. Bientôt, elle sera à même de servir les intérêts de son clan et d'exercer tout ce qui lui a été maintes fois répété.

La lourde responsabilité que représente cette charge lui parait pourtant bien difficile à endosser encore, et la nervosité l'étreint alors que sa chaise à porteurs la ramène en cahotant doucement vers le dojo familial. Aucune autre courtisane n'officie pour l'instant au kyuden, pas d'ainée sur qui prendre exemple.
Réaliste, la jeune femme, se doute bien que la réalité du rôle qu'elle s'apprête à assumer n'aura rien à voir avec les leçons, et que rien n'a pu la préparer assez bien aux adversaires qu'elle aura à affronter.
Annoncer la bonne nouvelle la gonfle de fierté, tout en marquant clairement un point de non retour, aussi, c'est avec des sentiments assez ambivalents que la demoiselle à l'ombrelle aperçoit finalement le porche en bois à moitié en ruine de leur domaine.

La situation dans la demeure familiale n'a cessé d'empirer depuis les heures sombres qui ont suivit l'assassinat de dame Eo, lorsque le patriarche accomplit l'Oibara bien qu'il n'y soit en rien obligé.
Le clan Kumatsune s'est scindé, chaque partie retrouvant son identité propre avec pertes et fracas. Plus que jamais, le clan est affaibli, à tout point de vue: les caisses ont été vidées, les effectifs des samouraïs dramatiquement réduits par le décès de leurs plus éminentes personnalités, leur réputation est à refaire et leur statut politique d'autant plus précaire.
Au moins sur ce point là, elle pourrait œuvrer en tant que futur diplomate, ainsi que lui rabâche sans cesse sa mère. Elle se marierait et ferait bon nombre d'enfants également, afin d'aider au repeuplement.
Oui, elle ferait une parfaite épouse, n'est-ce pas?

Mais peut être est-ce trop dur pour ses frêles épaules. Peut être son corps encore faible et fragile ne supportera pas d'accueillir la vie, alors qu'elle voit bien, armée de la lucidité des gens trop longtemps enfermés avec leur propre conscience, qu'elle ne s'est pas développée en même temps que les autres filles. Comment un homme pourrait il s'éprendre d'une enfant? Pas de soucis à se faire de ce coté là non plus, puisque son mariage sera certainement arrangé et diplomatiquement profitable. Jamais, de toute façon, elle n'aurait son mot à dire sur ce genre de choses, lui as on dit... cependant elle n'est plus la petite fille qui, jadis, regardait le temps passer en regrettant qu'il ne s'enfuie pas assez vite et que son jeune âge rendait égoïste.

La jeune femme a conscience de son devoir autant qu'elle a conscience d'une chose: si elle désire satisfaire sa soif de découverte, elle ne pourra y accéder que par son propre mérite et une audace soigneusement dosée.
Un jour... oui, un jour, avec du travail, du dévouement et de la détermination...
Bah, elle n'a que quinze ans, à quoi cela sert il d'y penser déjà? L'ambition. La soif de liberté, et de cette altérité dont elle a été trop longtemps privée. L'envie intarissable d'apprendre mêlée à la crainte de tout ce monde encore nouveau qui l'entoure et des regards qui lui pèsent.

A peine rentrée, une fête lui est organisée, sobre et simple mais néanmoins conforme à l'esprit du clan Kitsune: toute en subtilité et en cordialité non feinte. Seulement, loin d'en profiter vraiment, la poupée a l'estomac noué et garde toujours en tête qu'il lui faut déjà se préparer pour le voyage du lendemain. Pour se rendre au palais et faire sa présentation officielle devant le Daimyo.
Le fils de dame Eo, Toshiro-sama... de quoi peut-il bien avoir l'air?
La poupée pose son ombrelle à côté de son maigre paquetage et sourit doucement avant de souffler la bougie à son chevet.]
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Tanaki
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MessageSujet: Re: La renarde, l'ombrelle et le chrysanthème.   Ven 10 Juil - 4:25

Au Kyuden Kitsune:

[La jeune Kitsune, après un temps de marche respectable, arrive enfin sur la place du marché. Ouvrant grand ses yeux noirs au maquillage délicat, elle progresse à petits pas dans les allées, reconnaissant ici et là le signe des activités commerciales reprenant peu à peu leur cours initial, quoi qu'encore loin du fourmillement presque frénétique d'une époque révolue.
Pour l'instant.

Souriant, elle s'écarte diligemment pour laisser passer une bande de gamins piaillant en se poursuivant entre les étalages, tentant chacun d'attraper le paquet de boulettes de haricots rouges sucrés que tient le plus âgé.
Sa bourse en main, elle décide d'acheter une brioche encore fumante sur un étal. Bien entendu, le commerçant, d'humble extraction, insiste pour lui offrir, touché qu'une dame samouraï s'intéresse à sa modeste marchandise.
En échange, la jeune demoiselle lui souhaite prospérité à son commerce, fertilité à sa femme, ainsi qu'un foyer toujours joyeux.

Reprenant sa visite, flânant à l'abri des rayons du soleil, sous son ombrelle, la frêle courtisane profite du fumet subtil dégagé par la petite boule blanche de nourriture reposant dans le creux de sa paume.
Mais, outre le plaisir de se retrouver noyée dans toute cette agitation qui lui fait chaud au coeur, la demoiselle a un but bien précis en tête.
Ou plutôt une personne en particulier à retrouver.
Après? Aucune idée. Elle improvisera bien quelque chose...

Quelque facétie, peut être?
Pour l'instant, elle reste à distance respectable, l'observant sans bruit, osant même se lécher le bout des doigts subrepticement, après avoir terminé son amuse-gueule, profitant que nul ne fasse attention à elle.
Personne d'important, en tout cas, puisque le jeune marchand ne l'a pas encore remarquée, visiblement.

Alors elle attend, penchant légèrement la tête de coté en contemplant ses faits et gestes d'un oeil curieux et un rien malicieux, sans bouger, ne cherchant même pas plus que ça à se cacher ni à le surprendre.
Non, elle sourit simplement, paisiblement, dans le clair obscur orangé d'une fin d'après midi au temps clément.]

**-**

[Le jeune homme déambulait parmi les étals. Un marchand de brioches vendait sa camelote, mais il passa devant sans rien acheter malgré son ventre vide.

Plus loin, il voyait une jeune fille vendre des sandales en osier tressé, elle était penchée sur son ouvrage et le kimono de coton s'ouvrait parfois au rythme de son travail. Hypnotisé par le spectacle, il regardait les deux jeunes seins parfois partiellement révélés par le décolleté involontaire.]
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Tanaki
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MessageSujet: Re: La renarde, l'ombrelle et le chrysanthème.   Dim 12 Juil - 13:11

[Ah bah tiens. De plus en plus intéressant.
Dame Kitsune, la pêche est bonne? Mais oui, cher ami, très fructueuse!
De même que le regard intéressé qui ne trompe personne, du jeune homme qui admire non pas la marchandise, mais le spectacle.
Nous parlons bien sur ici des mains laborieuses de l'artisan qui est, accessoirement, de sexe féminin.
Bien entendu.

S'approchant cette fois ci avec un réel effort de discrétion, poupée perdue dans le brouhaha ambiant, elle parvient jusqu'au dos de sa future victime.
Levant une main avec le sourire amusé de la renarde se léchant les babines juste avant un festin de tofu tout juste chapardé, elle frôle du bout des doigts le kimono du marchant, juste entre les deux omoplates.
De façon juste assez appuyée pour lui faire courir une belle onde électrique le long du dos, mais pas assez prolongée pour qu'on puisse lui imputer des intentions impures... qu'elle n'a pas, bien entendu.]

"Kekkai-san! Oh! Veuillez me pardonner de vous avoir dérangé! Je vous voyais tant absorbé par votre tache, contrôlant avec un sérieux digne de louanges la qualité de nos produits, que je me suis dit que vous sauriez très certainement me conseiller sur quelques articles."

[Dit elle, parfaite image de la damoiselle délicate, innocente, chaste et pure. L'icône de la sainteté incarnée, totalement désintéressée. Quoi, elle l'a surprit à flemmarder en entretenant des pensées douteuses sur une paysanne?
Que nenni, elle n'a rien vu. Ou presque. A peine. Rien qui vaille d'être signalé, bien entendu.]

"Je me doute bien que la mission que vous a confiée notre Daimyo est des plus importantes et ne souffre aucun retard du à des frivolités, mais vous comprenez... afin de bien tenir mon rôle, il me faut les ustensiles appropriés.
Que serait une courtisane sans un éventail décent, n'est ce pas?"


[Concluant sa prise de parole, elle lui décerne un sourire adorable d'enfant sage, laissant le silence faire écho à ses paroles prononcées d'une voix douce, claire et chantante.]
 
**-**

Le jeune homme lui réponds de façon posée, courtoise et fort intelligente comme tout homme de son age dans la même situation :
- beuh
 
**-**

[Un instant de flottement ponctue cette prise de parole au sens de l'à propos diabolique.
La jeune courtisane, dans un effort mémorable de maîtrise de soi, parvient à ne pas glousser, ne haussant qu'un fin sourcil noir, vaguement frémissant. (Faire preuve d'un parfait stoïcisme eut été inhumain).
Par grâce, ou bien par cruauté, elle préfère s'abstenir de tout commentaire, laissant au jeune homme qui lui fait face le soin de tenter de se tirer de là tout seul.
Avec un peu de chance, il trouvera une branche assez basse...]
 
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Tanaki
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MessageSujet: Re: La renarde, l'ombrelle et le chrysanthème.   Mar 14 Juil - 16:35

Le jeune marchand cherchait quelque chose d'intelligent à répondre. Pourquoi les Fortunes l'avaient-elles laissé tomber en un moment pareil? Il devait trouver une répartie originale, sensée, qui compenserait son attitude passablement ridicule.

De plus il s'adressait à une jolie jeune femme, probablement vierge, non il devait cesser de penser à la virginité, et aux deux petits seins pointus qu'il imaginait sous le vêtement de la courtisane.


- Dame Kitsune Asami-chan, vous m'avez surpris, je ne m'attendait pas à vous voir si vite pour commander un éventail ! Je vais me charger d'en trouver un à votre convenance. Celui-ci, le blanc est vierg... heu est sans ornements. Il peut ensuite être décoré ou peint par un artiste. Heu oui un esprit moins bien instruit que le votre aurait pu croire que je perdais mon temps mais vous avez sûrement remarqué que heu heu, je cherchais en fait une première pensionnaire pour une maison close heu voilà, et heu cette jeune fille s'est montrée intéressée, enfin heu voilà.

Kitsune Kekkai était maintenant écarlate.
 

**-**


"Mais notre Daimyo a pourtant bien parlé d'un salon de thé, Kekkai-san, qui pourrait se voir ouvert dans un avenir encore incertain."

[Plissant légèrement les paupières, elle poursuit, intraitable et sans pitié, sous entendant avec une subtilité toute féminine qu'elle a comprit qu'il était pressé de pouvoir se décharger un peu... question de pression, sans nul doute.]

"Votre zèle fait plaisir à voir, bien entendu. Mais si vous recherchez des dames à la vertu négociable, je ne suis pas certaine que vous cherchiez exactement au bon endroit. Ici, ce sont les sandales du commun qui sont fabriquées."

[Réajustant d'un geste presque nonchalant, à la lenteur calculée, son ombrelle dans le creux de son épaule frêle, le long manche de bois -comme c'est pratique- en fait glisser le kimono de quelques petits millimètres, dévoilant un peu plus de peau blanche à la base du cou.
Bien entendu, elle, n'en aurait rien remarqué...]

"Il est cependant rafraichissant de constater que vous considérez les besoins des hommes avec tant de candeur."

[C'est ça, tiens.
Lui tendant obligeamment une petite main, elle l'invite visiblement à l'accompagner.]

"Si vous le voulez bien, allons chercher du coté des articles de confection plus raffinée. Il me faudrait quelque chose qui puisse s'accorder avec mon kimono."
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Tanaki
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MessageSujet: Re: La renarde, l'ombrelle et le chrysanthème.   Jeu 16 Juil - 14:30

Sur la route:


[En route pour le kyuden Torayama, en vue du tournoi de l'aurore, la délégation Kitsune fait une première halte, accueillie non sans un certain soulagement de part et d'autre, chez les plus jeunes en particulier.
Une fois sa jument attachée à un arbre robuste, avec d'autres destriers, et ses fontes déballées, la petite courtisane n'a plus qu'à laisser les serviteurs installer les tentes et préparer le repas.
Elle en profite pour regarder tout un chacun, souriant paisiblement dans le jour déclinant, visiblement heureuse d'être ici avec ses frères de clan, malgré la fatigue qui se lit sur ses traits.

Lorsque Aya propose des soins à tous, pour peu de se débarrasser de ses vêtements, la poupée n'est soudain pas pressée de se faire examiner. Sans doute se lancera elle, après d'autres, une fois l'activité du camps retombée.

Mais toute épuisée qu'elle est, son activité trépidante d'observatrice ne l'empêche pas de voir du mouvement du coté des chevaux, d'une stature et d'une vêture autre que celle des serviteurs. Haussant un sourcil, la demoiselle fait mine de n'avoir rien vu, trahie pourtant par la coloration de ses joues et une attitude quelque peu statique durant toute la scène.
Il faut dire que... eh bien... l'officier, tout à son petit tour, n'est pas des plus discrets, trop occuper sans doute à parer la crinière blanche de sa monture de marguerites soigneusement sélectionnées avant de s'éclipser couper du bois.

Chacun dine et le Daimyo s'occupe de donner quelques premières instructions à Shigure et Daiki, futurs participants aux épreuves, dans sa tente privée.
Quand vient le temps de la veille, cependant, défiant la prudence et la sagesse qui voudrait qu'elle aille prendre du repos sitôt que possible, la teishin, ayant pour une fois lâché son ombrelle, décide de rejoindre Shunsuke au coin du feu, s'asseyant non loin sur une large pièce de tissus tout juste étendue afin qu'elle ne risque pas de souiller son kimono.

Choisissant pour accompagner l'officier et sa shakuhachi une Biwa de facture classique, la courtisane se positionne en seiza, un bachi tenu fermement dans sa main frêle, et commence à faire vibrer les cordes sur le rythme et la mélodie amorcée par son compagnon. Bientôt, sa voix se fait entendre, entonnant un vieux chant portant sur un noble voyageur contemplant les champs de riz vert ondoyant au vent, et chantant la prospérité bénie de son pays.

Les couplets suivants sont moins heureux, aussi décide elle de ne point les conter, passant à une autre mélodie vantant, cette fois, les vertus de quelque samouraï disparu depuis longtemps, si bien que chacun puisse s'y identifier pour peu de se sentir à la hauteur de l'homme tel qu'il est décrit, autant pour ses faits d'armes que pour son empressement à servir son Daimyo jusqu'à la fin glorieuse d'une bataille.

La voix de la jeune fille si menue, tantôt douce ou plus forte, selon ce qu'exige la mélodie et les tendances du chant traditionnel, n'excède jamais le son de la flute de son supérieur, de même pour son instrument aux cordes pincées, frottées ou plaquées, qui ne sert ici que d'accompagnement.
Sereine, raisonnablement exercée pour une personne de son âge, elle continuera à jouer jusqu'à la fin de ce duo improvisé.
Après un bref échange, enfin, elle s'écarte de la lueur des braises vivaces et va prendre quelque repos.]
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Tanaki
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MessageSujet: Re: La renarde, l'ombrelle et le chrysanthème.   Sam 18 Juil - 16:21

[A la halte du lendemain, la teishin n'est que peu utile à l'établissement du camp et à la préparation du repas dont les heimins, rodés, s'occupent efficacement. S'isolant un peu, discrète, elle préfère trier les fleurs fanées de celles encore intactes de la crinière de sa jument, avec un soin rêveur.
Examinant chaque petite plante qu'elle retire ainsi, elle opère un nouveau tri entre celles qui ont commencé à sécher -qu'elle garde de coté- et celles qui ont tout simplement défraichit et perdu des pétales en route.

Après s'être assurée que nul ne regarde à cet instant, avec plus ou moins de succès, la jeune fille pose son ombrelle et se masse l'avant bras, grimaçant légèrement.
Voilà ce qui arrive quand on est crispée, accrochée aux rennes de sa monture toute la journée, deux jours de suite. Quand à l'état de son délicat fessier, qu'elle s'abstient bien de toucher, il doit être dans un état pire encore, cuisant pour qui n'a pas l'habitude de voyager montée.

En somme, la petite courtisane n'a pas fière allure, bien que résistant vaillamment à la fatigue et se refusant à faire étalage de son état, même lorsque l'officier demande à la fusui de la soigner, se contentant de répondre par un sourire aimable et polit.
Quand bien même, la petite nature finit par vaciller. Que ce soit l'épuisement, la déshydratation ou tout autre motif, elle ne va sans doute pas tarder à tourner de l'œil si elle ne prend pas bientôt des mesures en conséquence.
Elle n'est donc pas fragile que d'apparence...

Vigilant et d'autant plus attentif à la jeune femme qu'il commençait déjà à s'y attacher, le futur yojimbo n'attend pas qu'elle s'écroule pour la rattraper et la porter sous sa tente, prenant soin de la border avant de chercher Aya, afin que des soins soient prodigués à sa petite protégée.
De nature décidément protectrice, il décide de la veiller la nuit durant, restant devant les rabats fermés du tissus sombre et imperméabilisés, veillant à lui faire porter à portée de main tout ce dont elle pourrait bien avoir besoin.

Le lendemain matin, les victuailles posées devant sa tente ont disparues, sans doute subrepticement ingérées par l'occupante pendant la nuit, celle-ci en sortant fraiche et dispose, dépliant son ombrelle pour se préserver du soleil.
Une nouvelle fois, elle rougit en regardant dans la direction du shuno, lui souriant aimablement avant de s'incliner en remerciement de tout ce qu'il a pu faire pour elle quelques heures encore auparavant.
Elle prend ensuite la fuite rapidement pour aller s'occuper de sa monture. C'est un prétexte comme un autre, n'est il pas, pour échapper à la gêne et à de possibles regards indiscrets.

Il fit alors un tour d'inspection du camp, en bon officier, remerciant Aya pour ses soins au passage, avant d'aller rassembler ses affaires, et harnacher son cheval.. Il va ensuite s'entrainer au tai-shi-chuan en plein soleil sous la brise du matin, choisissant pour cela une clairière assez loin pour ne pas déranger l'activité croissante tout en étant encore assez proche pour pouvoir les rejoindre en cas d'imprévu, laissant une vue depuis les tentes en train d'être repliées.

Un peu plus loin, une paire d'yeux noirs observent intensément, grands ouverts, le combattant s'ébrouer après s'être versé de l'eau froide sur la tête, se mettre torse nu, et se mouvoir avec précision dans la brise fraiche, au lever du jour.
La petite courtisane (mal) cachée derrière sa jument, contemple cet entrainement matinal, ses deux petites mains blanches posées sur le dos de l'animal, sa tête ne dépassant qu'à peine de l'échine de sa propre monture de taille pourtant modeste.

L'ombrelle, calée sur son épaule, ne protège qu'imparfaitement son visage pâle, séparant les lèvres sérieuses et rosées d'un subtil maquillage féminin des prunelles sombres d'enfant impressionnée d'une ligne d'ombre clairement tracée sur la peau blanche
Mais enfin, elle se reprend, récupérant quelque assurance, abaissant ses longs cils afin de voiler une maturité et un amusement tout autre, sa bouche pastel s'ornant d'un sourire subtilement plus étendu sur la gauche.

Disparaissant de sa risible couverture, la courtisane, bien plus discrète en mouvement et en pleine possession de ses moyens, va trouver un serviteur et lui demande d'aller porter un linge propre ainsi qu'une tasse de thé au shuno, sans un mot.
Celui-ci, qui commence à avoir l'habitude des facéties attentionnées de la demoiselle, n'a pas besoin de précisions quand au contenu de la tasse, non plus que sur les épices qu'il doit y verser.
Pas plus que l'officier, sans doute, n'aura besoin de la moindre information sur la personne qui lui a fait porter tout ça lorsqu'il recevra livraison du breuvage.]
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Tanaki
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MessageSujet: Re: La renarde, l'ombrelle et le chrysanthème.   Lun 20 Juil - 16:48

Deux ans plus tard:


[La table, sous son dos, est terriblement inconfortable. Tout est inconfortable, en fait, à moins que ce ne soit une vue de l'esprit. Échappés de sa coiffure défaite, ses longs cheveux noirs lui collent à la peau, malgré les soins attentifs des deux femmes qui se relayent à son chevet avec un linge humide et un autre sec.
Est ce vraiment si terrible après les crises de son enfance? Est ce pire que la morsure de l'acier? Oui sans aucun doute, et même si ce n'est pas vrai, c'est ce qu'elle répondrait sans la moindre hésitation tandis qu'un nouveau spasme l'agite.

Ça fait des heures qu'elle est là, la courtisane le sait bien malgré sa perception du temps faussée. D'interminables minutes pourtant aussi abstraites que le reste du monde.
Pour l'instant, elle ne jouit que d'un maigre répit. Ce n'est pas terminé, bien sur... Oh fortunes! Combien de temps encore?!
La vue troublée par des larmes impossibles à refouler, elle tourne les yeux vers la fusui qui veille sur elle sans doute mieux que sa propre mère et trouve la force de lui sourire.

Mais l'accalmie fut de courte durée et la crise reprend avec son lot d'accablante douleur, malgré les soins apaisants d'Aya. Dents serrées, consciente de son statut et de son rang, la jeune femme fait son possible pour ne pas crier, obstinée, échouant malgré tout à retenir un faible grognement de temps en temps. Pourtant, le visage rougit et le corps congestionné, sous le regard d'une sage femme d'expérience, elle devrait être l'égale de n'importe quelle femme dans pareille situation.

On ne peut pas dire non plus que les conditions soient idéales entre son jeune âge et ses hanches encore un peu trop étroites, sans compter que l'accouchement n'aurait pas du avoir lieu avant trois bonnes semaines.
Quand au responsable de ce supplice, il doit être en train de raser le mur et la porte le séparant de la pièce où se trouve celle qu'il aime, après avoir été éjecté des lieux sans autre forme de procès malgré son poste d'officier par la horde de femelles intraitables. Sans doute fait il les cent pas à en user le plancher, anxieux comme jamais.
Asami songe qu'en d'autres circonstances, ça l'amuserait sans doute...

Au petit matin, enfin, survient la bien nommée délivrance après que la petite Kitsune ait enfanté non pas un mais deux enfants à la stupéfaction de son entourage immédiat, strictement semblables autant dans leurs cris stridents que leur taille réduite et leur peau poisseuse. Heureusement, celles qui l'entourent savent parfaitement quoi faire, étant donné qu'elle n'est ni la première ni la dernière à qui ce genre de choses arrive, et son aînée bienveillante s'assure qu'elle ne risque pas de trépasser en invoquant une fois encore la bénédiction du dragon de l'eau, ce qui n'empêche pas l'épuisement de l'emporter sur ses dernières réserves.

Sitôt qu'on l'appelle, le yojimbo qui n'a pas fermé l'oeil de la nuit entre en trombe.
Son premier réflexe, complètement affolé, est de se précipiter au chevet de la nouvelle mère en voyant ses yeux clos et sa peau diaphane luisant encore d'une mince pellicule de sueur. Aya se voit finalement obligée de le faire se pousser en le rassurant, malgré son exaspération quand à la bêtise masculine lorsqu'il est question de sujets dépassant leur entendement, sans quoi il risquait de déranger son repos bien mérité voir même de l'étouffer à force de se pencher au dessus de sa couche improvisée.

En fin de compte, on se demande si ce n'est pas lui qui va tourner de l'oeil.
Les hommes amoureux, dans le fond, sont un peu tous les mêmes, d'autant plus lorsqu'ils sont mal informés sur ce genre de grands mystères.
Mais enfin, une servante lui amène les filles, lavées et emmaillotées dans une étoffe douce, et le grand combattant, franchement embarrassé, se retrouve avec les deux créatures dans les bras, n'osant respirer qu'à peine, complètement effrayé par les choses minuscules et fripées, ayant peur de les laisser tomber ou de les broyer sans s'en apercevoir dans ses larges mains plus habituées à tenir un katana qu'un nouveau né.

Il ne tarde pas à recevoir l'illumination malgré tout: ce sont ses enfants. Ses filles. La descendance dont il a tant rêvé que vient de lui offrir la femme de sa vie.
Fixant les jumelles, il se sent fondre. Pas de doute, il les aime déjà, et il faudra aussi sûrement se fier à sa femme pour faire preuve de la moindre autorité sitôt que ça les concernera.
Aaaaah... les hommes...]
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La renarde, l'ombrelle et le chrysanthème.
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